1919 – AVEC LA CFTC, NAISSANCE DU PLURALISME SYNDICAL
Les 1er et 2 novembre 1919, rue Cadet, à Paris, 200 délégués représentant 350 organisations votent à l’unanimité la constitution de Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC). La CFTC regroupe déjà une grande diversité de métiers et couvre de nombreuses régions. L’organisation se réfère notamment à l’encyclique Rerum Novarum (publiée en 1891 par le pape Léon XIII, cette encyclique reconnaît les droits des ouvriers et dénonce la misère ouvrière). Elle est inspirée par les principes de la morale sociale chrétienne (la solidarité, la liberté, la responsabilité, la justice sociale, la participation démocratique…). Fidèle à l’œuvre des premiers syndicats, la CFTC met en place des bureaux de placement, des services juridiques, des caisses d’entraide et des services sociaux.
1936 : DES AVANCÉES SOCIALES MAJEURES, LE CHOIX D’UN SYNDICALISME RÉFORMISTE
En 1936, les salariés obtiendront finalement notamment la semaine de 40 heures de travail et deux semaines de congés payés. À l’époque, deux tendances s’affrontent : la CGT, révolutionnaire, en tant que syndicat instrument de la révolution politique, et la CFTC, réformiste, en tant que syndicat fer de lance pour transformer la société.
1939-1945 : SECONDE GUERRE MONDIALE : LA CFTC DIT NON À VICHY, L’ENGAGEMENT DANS LA RÉSISTANCE
Le 15 novembre 1940, des responsables de la CFTC et de la CGT se réunissent clandestinement et publient le « manifeste des douze », qui est à la fois un acte public d’opposition à la politique du gouvernement de Vichy et une analyse du rôle du syndicalisme présent et à venir.
1944
Le CNR comptait dans ses rangs des représentants de partis politiques mais aussi des syndicalistes. Pour la CFTC, Gaston Tessier et Georges Bidault participent à l’élaboration du « programme d’actions de la Résistance », publié le 15 mars 1944. Ce programme comportait à la fois un « plan d’action immédiate » et un ensemble de « mesures à appliquer dès la libération du territoire ». Il contenait un volet politique et un volet économique et social, qui fut repris et appliqué à la Libération. On y trouve notamment les projets de nationalisations, de sécurité sociale et des comités d’entreprises. À la fin des années 40, la CFTC refuse la fusion avec la CGT. Attachée au pluralisme syndical – synonyme de démocratie – la CFTC refuse la constitution d’une seule force syndicale monolithique.
1964 : LE CHOIX D’UN SYNDICALISME NON POLITISÉ
Le congrès CFTC de novembre 1964, au Palais des Sports à Paris, aboutit à la scission du mouvement en deux organisations syndicales distinctes : la CFTC et la CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail). La CFTC élit Joseph Sauty à sa tête et refuse la politisation au service de la lutte des classes. Elle prône un syndicalisme indépendant des partis politiques, favorisant le dialogue et la négociation.
2013 – LA CFTC VOIT GRAND
La CFTC confirme sa place importante sur l’échiquier syndical. La mesure de l’audience syndicale met en lumière le poids de la CFTC : 10,62 % sur l’ensemble des cinq organisations représentatives au niveau national ! La loi du 20 août 2008 a modifié les règles de représentativité syndicale. Au niveau national et interprofessionnel, comme au niveau d’une branche professionnelle, une OS doit recueillir au moins 8 % des suffrages exprimés pour être représentative et donc pouvoir signer des accords collectifs. La mesure de l’audience résulte de l’agrégation des résultats des OS aux élections professionnelles sur un cycle de quatre ans. La représentativité de la CFTC dans chaque branche et au niveau interprofessionnel est donc évaluée tous les quatre ans.
2017 – REPRÉSENTATIVE ET ENGAGÉE DANS LA RÉFORME !
Dans le cadre de la réforme de la représentativité syndicale issue de la loi du 20 août 2008, l’audience des organisations syndicales a été mesurée au niveau national et interprofessionnel, pour la deuxième fois. Avec une audience nationale de 9,49 % et 497 361 voix, la CFTC progresse par rapport au premier cycle (2009 -2012). Elle prouve ainsi son ancrage dans le paysage syndical français et continue à peser dans toutes les négociations.


Laisser un commentaire